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Villes et campagnes aux rives de la Méditerranée ancienne, dans le sillage de Georges Tate

À l’origine de ce colloque, un hommage à Georges Tate, professeur d’histoire ancienne et d’archéologie à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Ses anciens collègues ont souhaité se réunir pour évoquer sa mémoire et explorer les voies qu'il avait ouvertes.

Georges Tate fut l’auteur d’une thèse d’État sur Les campagnes de la Syrie du Nord du IIe au VIIe siècle. Un exemple d’expansion démographique et économique à la fin de l’Antiquité (Paris, Geuthner, 1992). Comme le disait Ernest Will au terme de sa préface, « c’est un livre novateur, initiateur d’autres travaux, un livre qui fera date ». Georges Tate a été pendant plusieurs décennies le directeur de la Mission archéologique syro-française de la Syrie du Nord et cette rencontre sera l’occasion de dresser un bilan de l’activité française et syrienne dans cette région. Mais Georges Tate avait une vision beaucoup plus large de la recherche, étendant ses horizons au Proche-Orient et à l’ensemble du monde méditerranéen. Il fut le directeur de l’Institut Français d’Archéologie du Proche-Orient puis, comme Adjoint au directeur des Sciences Humaines et Sociales au CNRS, il ne cessa de parcourir les rivages méditerranéens pour réformer les instituts de recherche et soutenir les missions françaises. Dans son dernier poste de conseiller de coopération et d’action culturelle auprès de l’ambassade de France en Irak, il s’intéressa à la sauvegarde des foyers urbains mésopotamiens.

À l’UVSQ, il avait fondé le laboratoire URMED, associé au CNRS, qu’il avait intitulé « Structures rurales et tissus urbains aux rives de la Méditerranée dans l’Antiquité et au Moyen Âge ». Il avait su y réunir une équipe de chercheurs spécialistes de l’Orient ancien, du monde byzantin et de l’Islam d’Occident. Surtout, il avait imprimé à ce laboratoire sa conception unitaire de la recherche. Lui-même spécialiste des campagnes romaines et byzantines, il savait l’intérêt de l’étude des origines de la civilisation urbaine tout autant que celui d’une approche des espaces méditerranéens jusqu’au Moyen Âge. Il avait publié une synthèse sur les relations entre villes et campagnes dans le Nord de la Syrie à l’époque protobyzantine, où il écrivait : « il existe incontestablement une domination de la campagne par la ville mais cette domination n’est pas absolue : les campagnes résistent, elles savent s’enrichir par endroits et elles sont le lieu de développement d’un pouvoir nouveau ». Il inscrivait ces réflexions dans la conviction, acquise depuis la rédaction de sa thèse d’État, que les sociétés de la Méditerranée ancienne étaient susceptibles de connaître des mutations de grande ampleur. Il concluait ainsi une communication donnée à l’Académie des Inscriptions & Belles lettres, dont il était membre correspondant : « les changements pouvaient être considérables d’un point de vue quantitatif mais aussi d’un point de vue qualitatif et ils dépendaient principalement de la démographie et de l’intensité des échanges ».

Programme
La riche activité scientifique de Georges Tate nous invite à inscrire nos propos dans les thèmes qu’il avait dessinés. Les communications présentées lors de ce colloque s’intéressent aux relations entre villes et campagnes, mais aussi aux cultures urbaines et aux dynamiques propres des espaces ruraux. La diversité des périodes et la variété des thèmes (économiques, sociaux, culturels) constituent la meilleure façon de rendre hommage à la curiosité intellectuelle de Georges Tate.

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Vincent Puech :