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Quatrième séminaire du cycle Authenticité « Les signes de l'authenticité »

Cet atelier traitera des signatures matérielles de l'authenticité. On y questionnera en particulier la place du processus analytique dans l'établissement d'une signature et celle de son usage dans l'interprétation historique et les processus juridiques.

le 6 février 2018

 Le 6 février 2018
Site du synchrotron SOLEIL.
 
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L’apport de l’analyse scientifique au processus d’authentification soulève de nombreuses questions interdisciplinaires. Dans le système français, la décision de considérer un objet comme authentique ne relève pas uniquement de l’activité d’expertise des scientifiques des laboratoires. Si une lecture fine du fonctionnement des institutions est nécessaire, l’agrégation des résultats des observations, des analyses et de l’étude des sources consultées, relève du conservateur. Si une contribution essentielle à l’authentification se fonde sur les travaux et recherches des laboratoires, la constitution de la preuve – agrégeant éléments qualitatifs et quantitatifs – relève d’un processus englobant et dépassant la démarche scientifique. Il convient donc de distinguer ce qui relève de l’accumulation de preuves matérielles de l’authenticité du processus décisionnel : décision d’achat ou de rejet d’une oeuvre proposée à l’entrée dans les collections publiques, politique de conservation-restauration, etc.
Pour l’expert en « sciences des matériaux anciens », il ne faut pas nier que cette disjonction apporte un confort relatif. En effet, la lecture matérielle d’une information apportée à l’appui d’une authentification relève d’un processus complexe qui prend nécessairement en compte les spécificités intrinsèques des objets d’étude : complexité physico-chimique, impact de la trajectoire historique du matériau (fabrication, usage, processus d’abandon, altération, conservation et restauration), et leurs conséquences méthodologiques : marges statistiques d’interprétation des résultats scientifiques et de leur agrégation, interdisciplinarité des études, etc. (Bertrand et al., 2013 ; Anheim et al., 2015).
Dans la recherche du non-authentique, l’imagerie, en plein développement depuis le site jusqu’à l’analyse sur grand instrument, apporte de nouvelles réponses tout en suscitant des questionnements pratiques et fondamentaux. Elle permet une exploration holistique des matériaux, faisant pour partie abstraction d’a priori qui guident mais peuvent aussi biaiser l’observation et l’interprétation. Par sa capacité à saisir le local comme le global, elle permet de transcender les échelles d’observation. Elle autorise une « saisie du matériau à ses différentes échelles critiques ». En rendant visibles les limites de la caractérisation et la complexité de l’inscription d’une information matérielle dans le matériau, l’analyse matérielle pose la question fondamentale des caractères intensif et extensif de l’authenticité.
L’imagerie nous convie ainsi à substituer à la question binaire « ce matériau est-il authentique ? », les questions « qu’y a-t-il d’authentique dans ce matériau ? » et « où se loge le non-authentique dans ce matériau ? ». Sous l’oeil du microscope et du macroscope, l’objet apparaît souvent hétéroclite voire chimérique. L’observation documente la complexité du geste de l’artisan ou de l’artiste, et de l’altération. Elle soulève la question de l’absence d’intentionnalité à micro-échelle, proposée par Carlo Ginzburg comme indice essentiel d’authenticité (Ginzburg, 1989). Nous pourrions ainsi nous demander jusqu’à quel point un objet fortement altéré – sous l’action de l’environnement, par des micro-organismes, par l’action « taphonomique » d’un animal - reste « authentique », quand un objet retouché ne l’est plus, sauf peut-être si l’homme a appliqué un traitement de stabilisation, de consolidation ou de restauration.
Ce quatrième temps de séminaire discutera et présentera des travaux en cours, et questionnera la nature des signes de l’authenticité dans les processus actuels d’étude des matériaux du patrimoine.

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Informations complémentaires
Partenaires :
Étienne Anheim (EHESS), Loïc Bertrand (IPANEMA), Christian Bessy (IDHES), Cynthia Colmellere (IDHES), Marie Cornu (ISP), Anne-Julie Etter (UCP, FSP), Elisabeth Fortis, Université Paris Ouest (délégation ISP), Jérôme Fromageau (ISP), Christian Hottin (INP), Judith Kagan (ministère de la Culture), Pascal Liévaux (ministère de la Culture), Aline Magnien (LRMH), Vincent Negri (ISP), Noé Wagener (Paris XII, ISP), Jean-Claude Yon (IECI, CHCSC)

Le cycle est soutenu par le LabEx PATRIMA / Fondation des sciences du patrimoine et la Maison des sciences de l’homme Paris–Saclay.