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Dynamiques patrimoniales et culturelles (DYPAC), laboratoire de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines

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Dynamiques patrimoniales et culturelles (DYPAC) > La recherche > Projets

ANR POLIMA

Résumé du projet :

POLIMA est un projet interdisciplinaire (Lettres, Histoire, Linguistique, Anthropologie et Sciences Cognitives) consacré à l’étude et la caractérisation du pouvoir des listes au Moyen Âge. À partir d’une analyse de la production, des usages et de la transmission des listes au Moyen Âge, il a pour objectif, d’une part, de contribuer à l’étude de la culture médiévale de l’écrit et, d’autre part, d’aborder de manière comparative, le rapport qui s’établit dans la liste entre des énoncés linguistiques, des procédés écrits de balisage textuel et des systèmes de connaissance du monde et de contrôle des biens et des hommes.
La liste est une forme d’écriture commune à de très nombreuses productions textuelles du Moyen Âge dont la présence dans les textes s’accroît très fortement avec le pragmatic turn que connaissent les sociétés occidentales au XIIIe siècle. Fréquemment utilisée par les scripteurs, elle constitue dans certains cas un type textuel en soi, employé dans des contextes très variés, qui vont de l’agencement d’informations à propos d’une action, d’un sujet ou d’un domaine du savoir (concordances, listes d’auteurs, souscriptions, index, florilèges ...), à l’énumération des propriétés et des parties d’objets dotés d’une consistance matérielle (inventaires, catalogues, éloges urbains…), à la production de taxinomies territoriales, fiscales ... Prenant acte des importantes variations affectant pour un même texte la forme de connexion des éléments rassemblés, nous avons retenu, comme cadre de travail, une définition de la liste de nature syntaxique. Tout texte construit selon une forme parataxique peut entrer dans le corpus, ce qui conduit à englober ce que le vocabulaire courant désigne comme des énumérations, listes, catalogues, inventaires, dénombrements...

Le projet scientifique POLIMA est constitué de plusieurs volets scientifiques complémentaires. Le rassemblement et la mise en ligne d’une bibliographie et d’un corpus de « textes à listes » constituera la base analytique du travail collectif. Ces textes seront étudiés dans sept workshops successifs. Partant d’une approche topique de la liste, afin de favoriser le travail interdisciplinaire et d’éprouver en particulier les frontières du poétique, du didactique et du pragmatique, la réflexion se portera ensuite sur les combinatoires, taxinomies et agrégats produits par la mise en liste. À partir des résultats obtenus, une synthèse sur les « Pouvoirs de la liste au Moyen Âge » sera rédigée de manière collaborative. On s’attachera en particulier à préciser le lien qui unit au Moyen Âge, dans un moment de mutation essentiel de la culture de l’écrit en Occident, les formes de la pensée aux pratiques écrites permises par un nouvel état historique du système de communication. En décrivant les formes concrètes d’organisation de l’information et de production du savoir offertes par la délinéarisation du texte et leurs implications sur l’évolution des modes de connaissance et de contrôle des biens et des hommes, le projet permettra d’initier un comparatisme entre deux moments historiques de rupture dans le système de communication, le Moyen Âge central et le XXIe siècle.
Dans cette perspective, trois axes seront privilégiés : 1) étudier sur le temps long les formes de classement et d’indexation du savoir et du patrimoine (tables, concordances, index, inventaires...) dont la société contemporaine est héritière et qui ont connu, à partir des e-XIIIe siècles, un développement et un niveau de sophistication inédits 2) évaluer l’implication de leur mise au point et de leur diffusion sur les processus de formalisation et de transmission matérielle des textes, des objets, des savoirs et des savoir-faire 3) réévaluer dans l’histoire de l’Occident, la place de la pensée algorithmique dans l’émergence des formes de rationalité.

Le wiki du projet :

Wiki


ANR polima Ce projet a obtenu le soutien de l'ANR dans le cadre de son appel à projets générique 2014.

> En savoir plus [PDF - 287 Ko]

Résumé du projet en anglais :

POLIMA is an interdisciplinary project (literature, history, linguistics, anthropology and cognitive sciences) devoted to the study and characterization of the power of lists in the Middle Ages. By analyzing the production, uses, and transmission of lists in the Middle Ages, it aims, on the one hand, to contribute to the study of the medieval culture of writing and, on the other hand, to treat comparatively the relationship established in the list between linguistic utterances, written procedures for marking texts, and systems for knowing the world and controlling possessions and people. The list is a form of writing common to a great many medieval textual productions, one whose presence within texts increases very sharply with the pragmatic turn of Western societies in the thirteenth century. Frequently used by those who wrote, the list was, in some cases, a type of text in itself and was employed in a great variety of contexts. These listing texts ranged from the arrangement of information concerning an action, a subject, or a domain of knowledge (for example, concordances, lists of authors, lists of witnesses, indexes, anthologies…), to the enumeration of the physical properties and parts of objects having material substance (for example, inventories, catalogs, praises of a city…), to the production of taxonomies (for example, territorial or fiscal lists). Due to the great variation in ways of connecting elements assembled within the same text, a syntactic definition of the list was chosen as a frame for this project. Any text constructed in paratactic form can be included in the corpus, which leads to the inclusion of what current usage designates, for instance, as enumerations, lists, catalogs, inventories, or counts. Project POLIMA has several complementary scientific aspects. The compilation and placing online of a bibliography and a corpus of listing texts will constitute the basis for collective analysis. In seven consecutive workshops, these texts will be studied. An initial topical focus will encourage interdisciplinary work and is particularly intended to test the boundaries of the poetic, didactic, and pragmatic; the focus will then turn to the combinations, taxonomies and aggregates produced by listing processes. From the results obtained, a collaborative synthesis on “Powers of the List in the Middle Ages” will be written. This volume will try to clarify the connection which links forms of thinking to writing practices in the Middle Ages, at a time of basic change in the culture of writing and a new historical stage in the system of communication. By describing the concrete forms that textual “disalignment” offered for organizing information and producing knowledge and by studying how these listing forms influenced the evolution of ways of knowing and of controlling property and people, the project will enable comparison between two historical turning points in Western systems of communication, the central Middle Ages and the twenty-first century. For this purpose, three main research focuses will be privileged : 1) long-term study of forms for classifying and indexing knowledge and heritage (such as tables, concordances, indexes, and inventories); 2) evaluation of the impact of the development and dissemination of listing forms on the processes by which texts, objects, knowledge and know-how are formatted and passed on in material form; 3) re-evaluation of the historical role of algorithmic thinking in the emergence of forms of Western rationality.

Dernière mise à jour de cette page : 25 mai 2016


Équipe et partenariat


Coordinateur : Pierre Chastang

UVSQUniversité de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines –  Laboratoire ESR/DYPAC

Étienne Anheim, Maître de conférences en histoire médiévale
Laura Kendrick, Professeur des universités en littérature anglais
Bruno Laurioux, Professeur des universités en histoire médiévale
Nicolas Boileau, Ingénieur d’études chargé de communication et de documentation
Hélène Veillard, Ingénieur d’études chargée de valorisation scientifique

Logo Paris 1Université Paris 1 – LAMOP : médiévistique occidentale de Paris

Laurent Feller, Professeur des universités en histoire médiévale.
Fabrice Délivré, Maître de conférences en histoire médiévale
Harmony Dewez, Docteur en histoire médiévale
Joseph Morsel, Maître de conférences HDR en histoire médiévale

bordeaux 3Université Bordeaux III -TELEM

Éléonore Andrieu, Maître de conférences en Lettres modernes

Univ reimsUniversité de Reims - CERHIC

Claire Angotti, Maître de conférences en histoire médiévale

Univ toulouse 2Université de Toulouse 2- Labo CLLE

Aline Chevalier, Professeur de Psychologie Cognitive Ergonomique

UPEMUniversité de Paris-Est Marne-la-Vallée - ACP

Valérie Théis, Maître de conférences en histoire médiévale

CNRSCNRS – CESCM

Vincent Debiais, Docteur en Histoire médiévale, Ingénieur de recherche au CNRS

Ecole chartesÉcole nationale des chartes

Olivier Guyotjeannin, Professeur de Diplomatique et archivistique médiévales
Olivier Poncet, Professeur d’Histoire des institutions et sources d’archives de l’époque moderne

EHESSEHESS

Aïssatou Mbodj-Pouye, Chargée de recherche, Anthropologue

Partenaires étrangers

Univ munsterUniversité de Münster (Allemagne)

Karin Becker, Priv.-Doz en littérature médiévale.

mcmasterMac Master University (Canada)

Madeleine Jeay, Professeur émérite en littérature médiévale

sapiezaUniversità di Roma La Sapienza (Italie)

Giuliano Milani, Assistant Professor of Medieval History
Caterina Donati, Associate professor in general linguistics.


http://www.uvsq.fr