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ANR KINDUNOS

L'histoire de l'environnement à l'épreuve des catastrophes et des risques 17e-19e siècles

Site kindunos La volonté de croiser histoire des catastrophes naturelles, histoire des risques et histoire environnementale, du XVIIe au XIXe siècle, peut étonner. Après tout, les catastrophes ne forment-elles pas un objet naturel des recherches sur l'environnement ? Les risques ne seraient-ils pas l'autre versant des catastrophes ? L'état des lieux de la recherche internationale démontre le contraire.
Les catastrophes ont été longtemps tenues à l'écart, au nom du refus d'une histoire anthropocentrique, et servent à justifier la nécessité de l'histoire environnementale plus qu'elles ne sont un objet d'étude à part entière. Les spécialistes du XXe siècles travaillent sur les risques, les crises, les accidents tandis que les catastrophes seraient l'apanage des périodes plus anciennes. Ce programme de recherche ne porte pas sur les catastrophes en elles-mêmes. Il consiste à articuler et à confronter trois objets de recherche (catastrophes, risques, environnement) relevant d'espaces académiques et intellectuels distincts pour la période XVIIe-XIXe. L'hypothèse de départ est que les catastrophes sont un point aveugle de l'histoire environnementale, en particulier anglo-saxonne, qui s'appuie sur des modèles temporels rarement explicités et interrogés. Un retour critique sur la filiation avec l'École des Annales s'impose donc car elle a érigé l'environnement en objet d'histoire à partir d'une réflexion sur les rapports entre événement et structure, longue durée et courte durée, temps de la nature et temps des hommes. La deuxième hypothèse est que, loin de certaines critiques actuelles, les travaux sur l'environnement en France sont nombreux mais refusent l'étiquette d'un champ nouveau pour revendiquer une définition partagée de l'histoire comme science des hommes dans le temps. La constitution d'une équipe de recherche sur l'histoire des catastrophes et de l'environnement, et plus largement d'un réseau de jeunes chercheurs, permettra de :
► structurer une recherche française peu visible internationalement ;
►élaborer des concepts et des méthodes propres aux historiens, attentive aux temps de l'environnement ;
► proposer de nouveaux outils pour la recherche (base de données bibliographique, méthodologie d'une base de données historiques, publication d'une anthologie).
Plus largement, il s'agit d'affirmer la nécessité de l'historicisation des risques pour comprendre le présent, sans céder à la pression et à l'urgence d'une configuration qui serait radicalement nouvelle, cette fameuse « société du risque ».

Ce projet a obtenu le soutien de l'ANR dans le cadre de l'appel Jeunes chercheuses et jeunes chercheurs (JCJC) 2008.